Les nouvelles de l’été: Raymond Gabaret et la divine équation 2/3

Lady de Montignant, s’approcha de Raymond dans le but de le féliciter, mais tout ce qui lui vient à l’esprit fut :

-Comment avez-vous fait cela ?

-Et bien j’ai résolu l’équation de cette porte. N’était-ce pas ce que vous souhaitiez ?

raymond GabaretIl tendit vers elle une main bienveillante pour l’accompagner dans la descente des marches. Lady de Montigant, accéda à son invitation en glissant ses doigts dans la paume de Raymond, comme pour s’en revêtir et la chausser. Ils s’introduisirent tous les deux dans l’obscure ouverture qui venait de s’ouvrir devant eux. Pas à pas, ils descendirent les marches, et à mesure qu’ils s’enfonçaient, des lanternes s’allumèrent sur leur passage.

-Incroyable, s’émerveilla Lady en voyant leur chemin s’éclairer à mesure qu’ils descendaient.

-Il s’agit d’une conception mécanique actionnée par le poids de nos corps, qui met en branle un système hydraulique qui vient approvisionner les candélabres en liquide inflammable, énonça Raymond.

Lady de Montignant tourna vers lui un regard à la fois frustré et interrogateur :

-Etes-vous toujours en train de compter, demanda-t-elle

-Oui…, répondit Raymond avec un sourire cette fois un peu gêné.

-Vous ne profitez donc jamais de la surprise des choses ? De la magie qui émerge de l’incompréhension. Du plaisir de simplement découvrir pour découvrir sans aller plus loin, juste se laisser porter par la beauté. Respirez au lieu de toujours chercher à comprendre comment tout respire.

Raymond ne répondit rien et continua à descendre.

Lorsqu’ils atteignirent enfin la dernière marche, une grande lueur envahit la pièce et laissa place l’instant suivant à une somptueuse bibliothèque. Sur le sol, couraient plusieurs tapis aux couleurs beiges et un long couloir s’avançait au milieu de plusieurs allées bordées de hautes étagères qui offraient une incroyable panoplie de livres, tous plus instructifs les uns que les autres sur toutes sortes et toutes formes de sciences. Au fond de la salle deux grands escaliers en colimaçon s’élevaient vers un balcon qui courait tout autour de la pièce. On pouvait y trouver de multiples sculptures, aussi bien que des tapisseries de maître accrochées sur le mur érodé par le temps.bibliothèque raymond Gabaret

La magie du lieu laissa Raymond suspendu dans ses calculs. Il ne savait plus par où commencer pour dénicher l’équation de ce lieu. Il comptait ici et là, mais perdait en concentration à chaque fois qu’un nouveau détail se présentait devant lui. Il bondissait sans cesse entre les études alchimiques, la philosophie, la physique, les sciences de l’esprit, l’art, la musique, la littérature, toutes les formes de savoir semblaient s’être données rendez-vous au même endroit.

Mais son enchantement fut de courte durée, un cri violent l’obligea à refaire surface et revenir à la réalité.

Non loin de là, sur l’aile ouest un vaste salon s’étendait, il abritait plusieurs canapés, et sur chacun d’entre eux, des squelettes humains s’entassaient.  Lady, surprise par cette désagréable rencontre n’avait pu retenir son cri.

-La bibliothèque était verrouillée, s’interrogea Raymond lorsqu’il découvrit la scène. Pourquoi sont-ils ici ?

– Je n’en ai aucune idée répondit Lady de Montignant sa prononciation encore un peu saccadée par son cœur battant. Mais cela nous permettra peut-être d’en apprendre plus.

L’un des squelettes tenait dans ce qui fut sa main, un vieux manuscrit. Lady, s’en saisit et partit dans l’envie de le parcourir. Malheureusement ce dernier, écrit en catalan, méritait une traduction. Par chance, Lady possédait quelques souvenirs de la langue et parvint à traduire certains passages.

-Il semblerait, commença-t-elle, qu’il s’agisse de scientifiques réunis ici avant la fermeture de la bibliothèque. Si je comprends bien, toutes ces personnes s’étaient rassemblées pour découvrir et mettre à jour une science universelle, comme une forme d’équation capable de tout résoudre.

manuscrit raymond

… A suivre !

Retrouvez la première partie de la nouvelle ICI