Trois qualités pour devenir écrivain, d’après un blog de musicien 1/3.

Trois qualités pour devenir écrivain.

Le titre vous surprend, c’est normal ! Je n’ai pas pu m’en empêcher. La raison en est simple. Cet été, en faisant des recherches pour créer un personnage, je suis tombé sur un article destiné aux musiciens mais qui s’adapte parfaitement aux écrivains.

comment devenir un bon écrivain

Photo de David Iskander sur Unsplash

Cyriaque, c’est le nom de l’auteur de l’article, a voulu définir les éléments indispensables pour faire fructifier son talent artistique. Comme vous le verrez, il est facile d’adapter chacun de ces éléments à l’écriture. On peut ainsi repenser notre position face à ces qualités pour devenir écrivain de façon très profiteuse. N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez. Je suis curieuse de savoir si ces différents points vous parlent comme à moi.

Travailler beaucoup

Elle n’est pas vraiment surprenante, la première de ces trois qualités pour devenir écrivain. Travailler beaucoup, vous me direz que vous vous y attendiez. Oui mais comment ? Et qu’est-ce que travailler beaucoup ?

Ce que signifie travailler, pour un écrivain :

Régulièrement et longuement.

Travailler c’est avant tout prendre le temps d’écrire, régulièrement, pour maintenir une relation privilégiée avec son moyen d’expression, garder des réflexes, un certain regard aussi sur le monde.

qualités pour devenir écrivain

Photo de Kevin Ku sur Unsplash

Ils sont nombreux les auteurs (Ray Bradburry, Stephen King, Lionel Davoust…)  qui insistent sur l’importance d’écrire tous les jours. Et même si certains jours, ce n’est que quelques minutes. Cependant, s’il est important de rester « en forme » d’écriture, il faut aussi savoir s’offrir de longs moments en face à face avec les mots. Des temps de tranquillité pour réfléchir à ce que l’on fait, s’y plonger totalement, aller au fond de ce que l’on a en soi. Pour être capable de repousser ses limites. Sans compter qu’il faut aussi le temps d’expérimenter, d’essayer, de sentir… et d’apprendre. De penser, en fin de compte et de laisser la pensée prendre différentes formes avant d’arriver à celle qui sera la bonne. Tout cela ne se fait pas en cinq minutes.

Personnellement je m’oblige à écrire tous les jours, (ou plutôt, savoir que mon compagnon d’écriture attends mon travail merci Laurent- m’y oblige). Et j’essaye de m’accorder une ou deux plages « longues » par semaine. Ça veut dire que je vais me coucher un peu tard, ou manger en travaillant, ou sauter un film… mais je crois que cela en vaut la peine.

Lire, lire beaucoup, s’inspirer du travail d’autres auteurs :

« Les livres que j’ambitionne le plus de faire sont justement ceux pour lesquels j’ai le moins de moyens. Bovary, en ce sens aura été un tour de force inouï et dont moi seul jamais aurai conscience : sujet, personnage, effet, etc., tout est hors de moi. Cela devra me faire faire un grand pas par la suite. Je suis, en écrivant ce livre, comme un homme qui jouerait du piano avec des balles de plomb sur chaque phalange. » Gustave Flaubert, Lettres à Louise Colet

 

« Souvent les gens viennent me voir et me disent : « Vous avez l’air d’écrire facilement. » Mais non ! Je n’écris pas facilement ! Qu’avec beaucoup de peine ! Et ça m’assomme d’écrire, en plus. Il faut que ça soit fait très très finement, très délicatement. Ça fait du 80000 pages pour arriver à faire 800 pages de manuscrit, où le travail est effacé. On ne le voit pas. Le lecteur n’est pas supposé voir le travail.  » Céline, Louis-Ferdinand Céline vous parle.

 

« Je pense que si je pouvais récrire toute mon oeuvre, je suis persuadé que je ferais bien mieux, ce qui est l’état d’esprit le plus sain pour un artiste. C’est pour cela qu’il continue à travailler, à essayer encore; il croit chaque fois qu’il va y arriver, qu’il va réussir. Bien entendu, ce ne sera pas le cas, c’est pour cela que c’est un état d’esprit sain. » William Faulkner, Faulkner, le patron des écrivains in Le nouvel Observateur.

 

Je ne sais pas si ces citations vous encouragent ou vous inquiètent. Il me semble quant à moi qu’elles sont très rassurantes. Et même si tout le monde ne veut pas devenir Flaubert ou Faulkner, tous les grands auteurs ont des choses à nous apprendre : leur engagement envers l’écriture, leur implication, le sérieux avec lequel ils pratiquent l’écriture, leur détermination face aux difficultés, la passion avec laquelle ils travaillent où les questionnements qui les animent. Donc une partie du travail de l’écrivain, c’est aussi de se réserver du temps pour lire et pour lire en réfléchissant à la façon dont les textes sont écrits.

Travailler intelligemment.

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Photo de Calum MacAulay sur Unsplash

Attention, ça peut paraître évident, mais beaucoup travailler ne sert à rien si l’on ne travaille pas intelligemment. Il faut être capable de développer un regard critique sur soi-même et sur ce que l’on fait. Être capable prendre de la distance, d’évaluer ses textes. Est-ce que c’est agréable à lire ou est-ce que c’est cliché ?  Est-ce que cela correspond à ce que je veux transmettre, faire sentir ?  Suis-je suffisamment efficace ?  Est-ce que je cherche à me faire plaisir à moi uniquement ou aux lecteurs potentiels ?

Bon, je suis d’accord, ce n’est pas toujours facile à voir tout seul, nous y reviendrons d’ailleurs dans le dernier article de la série.

Aimez travailler :

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Photo by Toa Heftiba on Unsplash

Une autre question à se poser : quand vous écrivez, voyez-vous le temps passer ? Avez-vous envie de vous y remettre ? C’est essentiel, même si ce n’est pas toujours vrai.

En effet, d’une part, il est évident que tout dans l’écriture ne peut pas nous plaire et d’autre part, il y a des jours où ça va et d’autres…. Sans aller jusqu’à la lutte avec la page blanche, qui serait l’objet d’une autre analyse, il y a des moments où l’écriture se fait plus difficile.

Cyriaque recommande (en parlant du solfège et des exercices théoriques liés à la musique) d’être conscient d’investir dans le futur sur les choses que l’on n’aime pas pour se motiver et de prendre le temps de savourer ce qui nous attire. Je ne vois pas comment dire mieux ou autrement !

Et si rien ne nous déplaît ? Et bien, je dirais, attention ! C’est justement une occasion de faire un peu d’auto-analyse, même les plus grands ont détestés certaines parties de leur travail. ( Flaubert par exemple, avec la relecture qui lui « agaçait » les nerfs ). Donc, est-ce que cela ne vaudrait pas dire qu’il y a une partie de l’effort d’écriture qui aurait été volontairement mise de côté ? Et dans ce cas, est-ce qu’il n’y a pas des risques que cela nuisent à long terme, à vos projets ?

Bien travailler, un plaisir et une récompense.

Et pour ne pas finir sur une note trop négative ce premier article sur les qualités pour devenir écrivains, voici ce qu’en dit si magnifiquement  Verlaine :

Ce qu’il nous faut à nous, c’est aux lueurs des lampes,

La science conquise et le sommeil dompté;

C’est le front dans les mains du vieux Faust des estampes

C’est l’obstination et c’est la volonté.

/[…]/

Ce qu’il nous faut à nous, c’est l’étude sans trêve,

C’est l’effort inouï, le combat non pareil,

C’est la nuit, l’âpre nuit d’où se lève

Lentement, lentement, l’œuvre ainsi qu’un soleil.

Paul Verlaine.

 

Alors, qu’en pensez-vous ?