Formats, types et sous-genre : les différentes formes de la nouvelle

Si, après presque huit siècles d’existence, il y a toujours des doutes lorsqu’il s’agit de définir la nouvelle, c’est peut-être parce qu’elle peut revêtir des formes diverses et s’intégrer dans presque tous les genres romanesques. Voici un petit tour des formes à tester, appliquer ou subvertir.

tant de formes de nouvelle...

Presque autant de nouvelles que de formes de nouvelle.

Différentes formes :

La nouvelle histoire :

C’est le format le plus classique. Un narrateur raconte une histoire avec un début, un (des) événement(s) perturbateur(s), des actions en découlant, et un dénouement (ouvert ou fermé). Chacune de ces étapes peut être placée là où vous voulez, du moment que cela crée l’effet recherché : suspens ou réflexion, émotion ou conviction… à vous de jouer !

La nouvelle instant

Ce n’est plus l’évolution d’une histoire mais lexploration par l’écriture d’un moment précis. Le temps réel de lecture est supérieur au temps « véritable » de l’action. Ce sont donc des sensations, des émotions, une atmosphère qui sont mis en avant. L’auteur le plus connu est sans doute Raymond Carver. En littérature francophone, on citera plutôt Annie Saumont, Olivier Adam ou Danièle Sallenave. Personnellement, j’ai un petit faible pour La première gorgée de bière et autres plaisirs délicats » (Philippe Delerme).

La micro-fiction

formes de la nouvelle micro fiction FénéonD’une ligne à une page, la micro-fiction raconte une anecdote signifiante en un minimum de mots. L’un des précurseurs est Felix Fénéon avec sa « nouvelle en trois lignes » inspirée de la rédaction des faits divers. Pour les amateurs du genre, il y a aussi Augusto Monterroso. A noter que la fameuse « A vendre, chaussures de bébé, jamais portées » attribuée à Hemingway est certainement apocryphe. Avec le succès de twitter, c’est un genre en plein renouveau.formes de la nouvelle microfiction Le dinosaure , Monterroso

La nouvelle à chute

Comme nous l’avons déjà dit, la chute n’est pas obligatoire. C’est juste une forme particulière dont le but est de surprendre par une fin inattendue tout en restant crédible. De toute façon, c’est un bel exercice d’écriture, n’hésitez pas à tester !

Encadrée ou pas

Une nouvelle peut fonctionner de façon autonome. Mais elles sont souvent rassemblées en recueil. Parfois, elles sont intégrées dans un récit cadre. C’est d’ailleurs sous cette forme qu’est apparu le premier recueil de nouvelles. Pendant longtemps, ces récits cadres sont restés sur un modèle unique, celui de la réunion de personnages occupés à se raconter des histoires. Puis, l’italien Italo Calvino a su ouvrir les possibilités (Le château des destins croisés, Les villes invisibles …). Sans aucun doute, il y a là des pistes d’écriture à creuser.

Tous les genres sont possibles :

Comme le roman, la nouvelle est adaptable à l’infini. C’est le réalisme et le fantastique qui dominent mais on trouve aussi la nouvelle satirique, policière, historique… Pour la science-fiction et la fantasy, c’est plus compliqué parce que la brièveté de la nouvelle rend difficile la mise en place d’un univers complexe. Pourtant, qui dit difficile ne dit pas impossible : Philip K Dick en est l’un des meilleurs exemples.

            Quelques mots sur les formes les plus courantes :

  • La nouvelle réaliste : elle évoque des faits contemporains, porte un regard sur la société. De Boccace à Alice Munro, en passant par Maupassant, Zweig, Ruffin, la nouvelle a plus que prouvé sa capacité à explorer le présent.
  • La nouvelle fantastique : le propre du fantastique (qui n’est pas la science-fiction) c’est de laisser planer le doute sur la réalité des faits évoqués. Est-ce vrai ? Est-ce le fait de l’imagination / la santé mentale du narrateur ? Gogol, Maupassant (encore lui !) Borges, Buzzati, Cortazar… de quoi chambouler votre vision du monde.
  • La nouvelle policière : pratiquement tous les auteurs de romans policiers y ont eu recours à un moment ou un autre. Citons, entre autres, Agatha Christie, Simenon, Irisch ou plus récemment Fred Vargas.

En résumé, quel que soit votre style, votre genre préféré, vos goûts de narration, vous trouverez votre bonheur d’écriture et/ou de lecture dans la nouvelle.

les formes de nouvelle sont autant de bonheur de lecture

La nouvelle, bonheur de lecture et d’écriture.

Et pour mieux se lancer dans les travaux pratiques, ne manquez pas notre prochain article : Conseils pratiques pour l’écriture de la nouvelle.